Introduction au Vedanta



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Dans les Upanisads, textes védiques essentiels, couronnés par le Vedanta, la Conscience est définie comme Principe illimité de révélation de tous les êtres, de tous les phénomènes. La Conscience pure (le Soi) est le substratum causal absolu, la réalité ultime et nécessaire de révélation de la conscience individualisée (ego). Or,au plan humain, c'est l'ego qui doute, se pose des questions et cherche, avec plus ou moins d'attention, de discernement et de subtilité d'esprit, à découvrir l'authenticité de son être propre, de celui des autres êtres humains, des êtres vivants, de tous les êtres, du monde, du cosmos, de l’univers…, en bref, des divers phénomènes manifestés ou manifestables qu’il peut percevoir ou inférer directement ou indirectement.

Au plan humain individuel ou collectif, les doutes et questionnements sur l’essence et l’existence, - intitulés questionnements philosophiques ou métaphysiques -, ne sont pas sans cause effective. En effet, entre ce à quoi nous aspirons idéalement, (la paix, l’amour, la liberté, la joie…), et ce que nous éprouvons sans cesse dans la vie, il y a un désaccord évident. Nos désirs et nos comportements le prouvent : nous voudrions être pleinement heureux mais ce n’est pas le cas, nous sommes sans cesse plus ou moins incertains, craintifs, mécontents, irrités, insatisfaits. Or, un être humain mentalement valide ne se contente pas d'incertitude, de confusion, d’incohérence, d'insatisfaction, de mal-être. Nos recherches incessantes, en quête d'une solution réelle, prouvent à n'en pas douter que nous ne pouvons pas considérer les états d’Ignorance, de peur, d’angoisse, de frustration, de manque de joie comme pleinement satisfaisants.

Le doute est toujours en rapport avec le manque de plénitude de soi-même. Il constitue l’un des déterminants principaux de notre investigation sur la nature réelle de soi, de la conscience, de la vie.

Tout questionnement résulte d'une incertitude. Le doute nous incite à identifier clairement une réalité à l'aide des moyens de connaissances dont nous disposons : perception sensorielle, inférence, témoignage oral ou écrit.

Si nous ne doutions pas de manière sincère et positive nous ne ferions aucun effort pour vérifier la validité de nos désirs, croyances et comportements.

Cependant, ce n'est pas dans notre nature de rester dans le doute. Afin de faire disparaître l'incertitude, indice du manque de clarté et de plénitude de notre conscience, nous devons vérifier la validité de notre perception, écarter les attributs superflus qui nous empêchent de connaître la réalité telle qu'elle est.

Pour annuler le doute, une investigation vérificatrice et certificatrice est nécessaire.

Mais est-il bien nécessaire de se connaître soi-même ? La connaissance de soi ne nous est-elle pas déjà acquise ? Pourquoi se poser des questions sur la nature de soi, de la conscience ?

La réponse est simple : une fausse connaissance de soi n'est pas sans conséquences fâcheuses. La plupart des problèmes humains - d'ordre personnel, familial ou social - découlent principalement d'un manque de clarté de conscience, d'un manque de sagesse. Ces états de manque sont conditionnés par l'agitation, la dispersion ou l'inertie physique et mentale et les excès qui y sont associés : égoïsme, avidité, intolérance, peurs, violences, souffrances... Pour se dégager de ce conditionnement asservissant, l'apaisement mental, la clarification de l'esprit, le dé-voilement de la conscience, la sagesse…, constituent le meilleur antidote, le remède excellent ; ils ont pour fruits l’équilibre physique et mental, la paix, la bienveillance, la compassion, l’amour…

C'est pour cette raison que, dans la tradition vedantique, - conjointement avec la pratique d'un enseignement spirituel libérateur de l'Ignorance et de ses conséquences -, une pratique spécifique comme celle du Yoga, par exemple, est considérée avec grand sérieux en vue d'améliorer la santé physique, énergétique, morale et intellectuelle des chercheurs. (Yoga : - Respect des principes éthiques et spirituels universellement validés – pratique de postures et de respirations équilibrantes, pacifiantes et vivifiantes - expérience d’attention vigilante, d’investigation métaphysique, de ‘méditation’ profonde, de ‘lâcher prise’ – samadhi.)


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La connaissance juste élimine l'incertitude. C'est la base d'une vie réussie et heureuse, aussi bien dans le domaine des biens tangibles que dans celui des biens spirituels. Même au niveau le plus ordinaire de l'existence, la connaissance exacte des attributs qui composent les objets usuels nous permet de résoudre une quantité de difficultés et de mieux vivre. En fait, si nous regardons un objet avec toute notre attention et en pleine lumière, toutes les conditions indispensables à une perception non illusoire sont rassemblées. Nous repérons le lieu où il se situe, nous percevons ses caractéristiques propres, nous observons sa façon de fonctionner, nous l'identifions clairement, nous le connaissons avec précision. En conséquence, nous pouvons agir correctement.

La nécessité d’élimination de l’incertitude est un élément principal de la ‘quête spirituelle’. Toutefois, cette nécessité ne s'impose pas à tous de la même manière, avec la même intensité. Tout le monde n’éprouve pas la nécessité impérieuse de se questionner clairement sur sa propre 'essence', sur la nature réelle de ‘soi-même’, du ‘percevant’, de ‘l’être conscient’…. Rares sont ceux qui aspirent à découvrir la ‘Conscience Universelle’, substratum de toutes connaissances, révélatrice de l’ego, de l’existence, de la vie...

L’incertitude, le doute et le besoin d’établir la clarté de conscience sont plus ou moins puissants tant sur le plan individuel que sur le plan collectif. Or, on le sait par expérience, ce qui ne relève pas du doute et d'une nécessité fondamentale de vérification et de clarification, ne fait pas l'objet d'une investigation approfondie, d’une ‘quête’ authentique. La connaissance juste de soi-même et des phénomènes perceptibles dépend donc non seulement du doute mais aussi de la nécessité prédominante qui pousse à découvrir réellement (dé-couvrir) ce que l'on recherche. Nous ne pouvons espérer découvrir un trésor si nous ne sommes pas assez motivés ; si cet espoir n'est pas associé à la nécessité d'une recherche assidue, nous ne ferons pas l'effort d'entreprendre cette quête et de la mener jusqu'à son terme. De plus, nous ne pouvons espérer découvrir l’or pur sans épouser l’intention décisive de le débarrasser des diverses couches de matière grossière qui forment une gangue autour de lui.

Ainsi, pour entreprendre une recherche sérieuse et approfondie sur soi-même, sur sa propre conscience, il faut que l'intérêt de cette quête devienne une réelle motivation, promotrice de ‘réalisation’, c’est-à-dire, de clarté de conscience, de plénitude de soi. Cette motivation exigeante survient le plus souvent à la suite d'un événement dramatique, d'une souffrance insupportable. Placés alors, de manière incontournable, face aux limitations et défectuosités de notre ego - déconcertés, angoissés, dépourvus de suffisance, d’orgueil, d’arrogance, - assoiffés de vérité et de joie sereine -, nous sommes enfin gagnés par le désir de mettre à nu notre esprit, de libérer notre conscience de tous les voiles d'ignorance, d’égoïsme, d’illusion, d’angoisse, de mal-être qui l'encombrent.


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